Mon travail, je le vois semblable au trajet fragile d’un funambule porté par le Souffle, et dont la grâce consiste à transcender, comme par un simple tour de magie, l’incroyable pesanteur pour n’être plus qu’arabesques, courbes et légèreté.

S’écorcher les mains, s’abîmer les ongles dans le seul but de révéler l’âme radieuse de gemmes à peine extraites des entrailles de la Terre, et tout embrumées encore au sortir de leur nuit. 

Par le pouvoir orgueilleux du feu, la patience minutieuse et le labeur humble face à l’exigeante solitude de l’établi, leur donner une forme unique, jamais répétée, pour finalement les offrir en cadeau à la Lumière.

Voilà le mince fil d’or sur lequel j’évolue sans filet, mais avec une foi et un amour du bien-faire qui constituent à eux seuls le plus magnifique des balanciers